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La littérature albanaise : Ismaïl Kadare

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La littérature albanaise : Ismaïl Kadare - Page 2 Empty "Le palais des rêves" d’Ismail Kadare

Message par Ina_miley le Sam 22 Sep - 17:47

السلام عليكم ورحمة الله وبركاته



Ismaïl Kadaré - Le palais des rêves

Ismail Kadare - Pallati i ëndrrave

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La littérature albanaise : Ismaïl Kadare - Page 2 Z

Rejeton d’une illustre famille de grands serviteurs de l’Etat, Mark-Alem est embauché dans la plus secrète, la
plus puissante, la plus terrifiante institution qui se puisse imaginer :une administration chargée de collecter, jusque dans les provinces les plus reculées, les songes de tout un chacun, de les rassembler dans un lieu unique, puis de les trier, de les classer, de les interpréter, afin d’isoler ces " maîtres-rêves " dans lesquels le destin de l’Empire et de son tyran pourra être déchiffré.


Une état totalitaire absurde inspiré par l’Albanie d’Enver Hoxha.




« Depuis longtemps, j’avais envie de construire un enfer. Je mesurais pourtant ce qu’avait d’ambitieux et même de chimérique un pareil projet à la suite des anonymes égyptiens, de VIRGILE, de Saint AUGUSTIN et surtout de DANTE. »

Ismail KADARE à propos du « Palais des rêves »


Nous sommes dans ce qui semble être un néo-Empire ottoman immense, où cohabitent une quarantaine de nationalités et presque toutes les religions. La famille de Mark-Alem Quprili est une lignée de hauts-fonctionnaires, serviteurs dévoués des plus hautes sphères de l’Etat. Il est coopté dans l’institution centrale de l’Empire, le Tabir Sarrail.


Il s’agit d’un étrange palais où une armée de fonctionnaires collecte, trie, archive et interprète les rêves de tous les sujets de l’Empire, dans le but d’y deviner les troubles à venir de l’Empire, pour mieux les anticiper. Mark-Alem commence au bas de l’échelle, au tri des rêves. Apportés par charrettes entières, il faut essayer de faire le tri entre ceux qui peuvent présenter un intérêt à l’interprétation et les autres. Puis Mark-Alem va passer à l’interprétation, avant d’arriver au poste suprême de cette terrible bureaucratie, qui n’hésite pas à broyer les individus pour se perpétrer.


L’argument transficitif est évident, puisque les rêves constituent en quelque sorte l’une des matières premières de ce récit étrange, fascinant et glaçant. Critique métaphorique de l’oppression totalitaire, on pourrait le rapprocher sans peine des œuvres des STROUGATSKI ou de « 1984 ». Peut-être moins marquant que le roman d’ORWELL, ce « Palais des rêves » reste une œuvre originale et fascinante, par sa description du totalitarisme vécu de l’intérieur, et de sa logique impitoyable.


L’effroi avec lequel est décrit le revirement du régime [on peut penser aux ruptures successives de l’Albanie avec l’URSS puis la Chine de Mao qui ont donné lieu à des purges sanglantes], au milieu desquels Mark-Alem et sa famille sont comme des fétus de paille pris dans un cyclone, marque durablement le lecteur.



Résumé

L'histoire se déroule sous l'Empire Ottoman au XIXème siècle, à Istanbul. Mark-Alem, descendant d'une grande et puissante famille de grands serviteurs de l'Etat, les Quprili, vient de décrocher un emploi au "Palais des Rêves". Egalement appelé Tabir Sarrail, le Palais des rêves est sans doute l'organisation la plus mystérieuse, la plus secrète, mais aussi la plus redoutée du pays. Son but est de collecter tous les rêves de la population, afin de les sélectionner et de les interpréter pour déterminer le maître-rêve, celui-ci étant un rêve dans lequel va se lire le destin de l'Empire et de son tyran. En très peu de temps, et à cause des évènements aussi étranges que surprenants, Mark-Alem va brûler des étapes et ainsi monter de plus en plus haut dans la hiérarchie du Tabir Sarrail. Quand un jour il voit sortir d'une pièce hautement surveillée le cercueil d'un homme qui était interrogé à cause de son rêve, il découvre la partie dangereuse du Tabir Sarrail, qui va jusqu'à tuer des hommes pour qu'ils oublient les songes qui pourraient être dangereux pour l'Empire. Mais après l'arrivée du nouveau maître-rêve au Palais de l'Empereur, une terrible catastrophe s'abat sur sa famille.

Au cours d'une soirée organisée par les Quprili, des rhapsodes sont conviés pour conter l'histoire de la famille de Mark-Alem et de ses démêlés avecl'Etat. Des gardes de l'Empereur arrivent à l'improviste en prétextant un contrôle d'identité, ils assassinent les rhapsodes ainsi que l'oncle de Mark-Alem, Kurt, soupçonné de comploter contre le Sultan. Curieusement, c'est cette tragédie qui lui permet de devenir le maître du Palais des rêves…

Commentaire

Comme le fit Voltaire avant lui, Ismaïl Kadaré utilise l'allégorie politique pour pouvoir critiquer le régime albanais et exposer ses idées librement. Il transpose ainsi son désaccord envers le totalitarisme au travers d'une histoire se déroulant dans un autre lieu, à une autre époque, pour pouvoir ainsi exprimer son point de vue sans risque, ou presque, d'être inquiété pour avoir contesté le régime. Son roman se déroule en Turquie sous l'Empire Ottoman, mais en réalité il critique la tyrannie albanaise, et plus précisément la dictature d'inspiration stalinienne d'Enver Hodja. L'histoire est peu susceptible d'être prise pour vraie, d'une part à cause de ses nombreux dialogues et d'autre part, à cause de l'impossibilité d'imaginer qu'une telle organisation puisse contrôler nos rêves et notre mode de pensée ; mais ceci montre très bien comment la dictature cherche à prendre possession de l'esprit des gens et à les influencer jusque dans le moindre recoin de leur cerveau.

Le cadre historique

L'histoire se passe au XIXèmesiècle, au moment où l'Empire ottoman entre dans sa phase de décadence.
Le véritable créateur de la puissance ottomane en Europe orientale est Murat Ier (1359-1389). Il crée une armée redoutable et une administration centralisée (le divan) dirigée par le grand vizir.Son expansion commença en 1453 avec la prise de Constantinople par Mehmet II. Sous l'autorité de Soliman le Magnifique, l'Empire s'étendra sur le Moyen-Orient, l'Afrique du Nord et en Europe jusqu'aux portes de Vienne. Malgré des réformes, le XIXème siècle voit l'Empire se démembrer peu à peu (de la paix de Svištov avec les Russes et les Autrichiens en 1791 à l'instauration d'une république en 1923 après les soulèvements de la Ière guerre mondiale). Sa chute ne sera réellement effective qu'en 1932, lorsque la République turque sera proclamée par Mustafa Kemal.



L'originalité de ce livre est de critiquer l'oppression totalitaire et se plaçant non pas du coté des opprimés, mais de celui des oppresseurs.

Sous couvert d'une allégorie politique, Kadaré critique le régime politique Albanais ( le livre a été écrit au tout début des années 80, en plein régime d'Enver Hodja dictateur stalinien de l'époque ... ) afin de ne pas s'attirer les foudres du pouvoir.

Ce récit est à la fois fascinant et terrifiant. Procès à charge des régimes totalitaires et de leurs méthodes, moins connu que le 1984 d'Orwell, il reste un livre à lire et à relire afin de ne jamais perdre de vue que, sans la vigilance de chacun, un régime peut imposer son mode de pensée considéré comme le seul possible.



Pour en savoir plus... : Le Palais des rêves, de Ismail Kadaré

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Ina_miley

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Message par Ina_miley le Sam 10 Nov - 19:28

La littérature albanaise : Ismaïl Kadare - Page 2 Fond couv kadare_0

Linda B. est une jeune fille aux rêves à première vue des plus simples : entre autres visiter la capitale de son pays. Mais c’est précisément ce qui lui est impossible. Dans la plupart des pays communistes existait une loi interdisant cet accès à une catégorie de gens dont Linda fait partie.
Sa condition de reléguée évoque celle d’Eurydice, « entravée » elle aussi, et retenue aux enfers. Linda B. est vivante, elle, mais les lois de l’Etat albanais sont encore plus inflexibles que celles de la mort.
Pourtant, une amie lycéenne, dans le rôle de la « passeuse », essaie de l’arracher à son assignation à résidence, du moins son enveloppe corporelle. Un dramaturge, de son côté, tente d’en extraire sa composante spirituelle. Réunie corps et âme, va-t-elle pouvoir accéder un jour à la réalisation de ses rêves ?
Dans cette œuvre majeure mariant, comme souvent chez lui, les mythes immémoriaux et une actualité historique à peine refroidie, Ismail Kadaré revient ici sur l’antique pacte d’Orphée, mais par une approche singulière, en essayant d’en décoder un aspect resté jusqu’ici inexpliqué.



Ecoutez ici : Entretien avec Ismail Kadaré
En lecture : 1. Ismaël Kadaré - L'Entravée
En lecture : 2. Ismaël Kadaré - L'Entravée



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